La grande majorité de la population est familière avec l’existence du chien-guide. En effet, utilisé depuis 1930, l’utilité du chien-guide pour les personnes aveugles est universellement reconnue, car le chien-guide leur permet de se déplacer avec aisance, sécurité et efficacité.
Depuis les années 90, un nouveau type de chiens faisait graduellement son apparition au Québec. Il s’agit du chien d’assistance qui, à l’instar du chien-guide, accompagne la personne handicapée lors de chacun de ses déplacements afin de pallier certaines de ses limitations fonctionnelles. Peu connu du grand public, le chien d’assistance n’en demeure pas moins en demande croissante de la part des personnes ayant une déficience motrice ou présentant des atteintes neurologiques, pour qui son utilisation permet d’atteindre une plus grande autonomie tout en éliminant la nécessité de requérir constamment l’aide d’une autre personne.
L’entraînement vise à habiliter le chien d’assistance à remplir de façon sécuritaire cinq fonctions spécifiques auprès des personnes handicapées, soit la préhension, l’appui et le transfert, le support et le déplacement, la traction et l’alerte.
Depuis les années 2000, des thérapeutes en réadaptation du Centre de Réadaptation de l’Estrie (Sherbrooke, Québec) explorent différentes façons d’utiliser les chiens entraînés par la Fondation MIRA pour faciliter l’atteinte de leurs objectifs thérapeutiques auprès des clientèles d’enfants et d’adultes. Très rapidement, ils ont réalisé l’immense potentiel de cette approche et les nombreux avantages pour leur clientèle. Au sein de ce centre de réadaptation, le chien est devenu un outil thérapeutique polyvalent disponible pour plusieurs intervenants, qui suite à une évaluation du client, jugent pertinent de l’utiliser pour leur permettre d’atteindre leurs objectifs spécifiques.
Le chien offre des ressources multiples ; il peut être utilisé avec ou sans harnais de marche (harnais monté de tiges de métal et d’une poignée permettant la mise en charge et remplaçant la canne), comme appui pour conserver l’équilibre, pour motiver la personne à bouger ou pour la distraire. Le chien sert aussi de support dynamique pour réapprendre à marcher, il impose un pas fluide et une allure régulière que la canne ne permet pas. De façon indirecte également, on peut l’utiliser en demandant par exemple à l’enfant de dessiner le chien ou de lui préparer une surprise. Avec lui, le geste ne devient pas répétitif et ennuyeux, puisque c’est un être vivant qui place la personne dans des situations toujours nouvelles, comme dans la vie de tous les jours. Le plaisir né du lien affectif développé avec le chien influence la qualité de l’implication de la personne dans son processus thérapeutique.
Lynda Rondeau, physiothérapeute au Centre de réadaptation Estrie, a vu son article Effectiveness of a rehabilitation dog in fostering gait retraining for adults with a recent stroke : A multiple single-case study être publié dans la revue Neurorehabilitation.
http://www.centredereadaptationestrie.org/spip.php?rubrique123&fsize=14&lang=fr